Pourquoi la mairie de Paris fait la chasse aux Airbnb ?

Oct 11, 2018
Pourquoi la mairie de Paris fait la chasse aux Airbnb ?

 

C’est la guerre avec Airbnb ! La mairie de Paris, tenant compte des plaintes des Parisiens, a relancé sa chasse aux logements Airbnb. Pour le groupe américain, la France, notamment Paris, est le premier marché fructueux de la location devant New York et Londres. Si la relation entre la mairie parisienne et le groupe avait eu de beaux jours en 2015, aujourd’hui, les deux se regardent en chiens de faïence. On vous explique pourquoi.

Airbnb bouleverse le marché de la location à Paris

 

D’après une étude réalisée et publiée le 4 janvier 2018 par la Deutsche Bank, le groupe américain propose en moyenne 88 700 chambres de particuliers, contre 75 000 pour les hôtels. Rien qu’à Paris, le nombre de logements mis en location sur la plateforme Airbnb est de 30 000 !

Le problème majeur qui se pose au niveau du site porte sur ses principes. Il exhorte les locataires à mettre leur appartement en sous-location avec l’accord de leur propriétaire. Dans son fonctionnement, il assure le locataire que plus il héberge de sous-locataires, plus ses bénéfices sont élevés. C’est justement ce profit qui est à la base de nombreuses dérives que ne tolère pas la mairie de Paris.

La mairie de Paris fait la chasse au groupe américain

 

Dans les immeubles parisiens, les inspecteurs de la mairie traquent les « multipropriétaires » qui louent illégalement leur logement via Airbnb. L’année dernière, c’est plus de 59 d’entre eux qui ont été condamnés pour location illégale, et la situation n’est pas près de changer.

Depuis le début de l’année, c’est plus de 1,4 million d’euros d’amende qui ont été infligés aux propriétaires qui louaient une résidence secondaire. Et d’après les prévisions, ce chiffre pourrait avoisiner les 2 millions d’ici décembre 2018. C’est dire que Paris est vraiment en guerre contre la plateforme.

Si la mairie traque autant les bailleurs indélicats, c’est parce que certains propriétaires n’obéissent pas à la loi. La plupart :

  • dépasse les 120 jours de location par an ;
  • loue leur logement comme une résidence secondaire sur Airbnb à des touristes ;
  • ne déclare pas leur logement.

Ce que reproche la mairie de Paris au groupe américain

 

Les dispositions légales sont claires et strictes : un propriétaire peut louer sa résidence principale en meublé touristique seulement 4 fois par an. Si toutefois, il sent le besoin de dépasser la barre définie, il doit détenir une autorisation d’usage auprès de la ville et payer des droits de compensation (1 000 à 2 000 € selon le m2).

Mais ce qui se passe concrètement, c’est que des centaines de propriétaires et locataires louent leur logement sans respecter ces dispositions. On les retrouve plus sur Airbnb. Quand on se rappelle par exemple qu’à l’été 2014 le nombre de touristes habitants surpassait celui des Parisiens résidents, d’après Wall Street Journal, on comprend que la situation est alarmante.

Le groupe américain ne facilite pas la location pour les Parisiens

Le tableau des infractions de cette plateforme, aidé par le temps, continue de noircir. D’abord, elle a été la moins rapide à s’aligner sur les obligations récentes en matière de location.

Ensuite, elle prive les Parisiens d’un toit : environ 26 % des logements n’abritent plus de Parisiens. Dans le 2e arrondissement de la ville, ce sont 1 700 logements loués sur Airbnb, pour 22 000 habitants avec une durée moyenne supérieure à celle légalement accordée.

Pour autant de raisons, la mairie de Paris fait la chasse aux logements inscrits chez le groupe américain. Elle n’est pas la seule à le faire : les Parisiens aussi souhaitent le changement.

Les Parisiens s’insurgent contre la location illégale

 

Beaucoup de Parisiens, notamment ceux vivant dans les zones où la location illégale bat son plein expriment leur mécontentement à propos de la situation qui prévaut. Un tour sur les forums de discussion permet de lire le calvaire des locataires et promoteurs d’hôtels avec les logements Airbnb.

Pour les promoteurs d’hôtels, le problème réside au niveau de la baisse de leur chiffre d’affaires. Certains s’offusquent aussi du fait que les propriétaires, souhaitant réduire leurs charges, confient aux commerçants la tâche de concierge. Ils laissent au boulanger ou au café du coin la clé de leur appartement qui sera ensuite transmise au sous-locataire.

D’un autre côté, ce sont les arrivées et départs des sous-locataires, de jour comme de nuit, qui inquiètent les voisins. De plus, ils provoquent, pour la plupart, une nuisance sonore dans leur environnement : organisation de fête, musique à toute heure de la journée… Or, puisque sur Airbnb, le propriétaire est payé en fonction du nombre de personnes hébergées, cette nuisance peut dépasser le seuil supportable.

 

Les théories sur l’existence de la plateforme

 

Deux opinions s’affrontent à propos de la location telle que vue par la plateforme. D’une part, il y a ceux qui souhaitent la voir disparaître, et d’autre part, ceux qui croient en un compromis.

Le premier groupe préconise un retour à la location meublée. Pour ces partisans, elle est moins rentable, mais profitable, car, elle est parfaitement légale. En revanche, pour les défenseurs de la seconde théorie, la conciliation est possible si les revenus de la sous-location sont partagés entre le propriétaire et son locataire.

Si la mairie de Paris chasse avec rigueur les propriétaires qui louent illégalement leurs logements, c’est parce que ces derniers ne respectent pas les dispositions légales. De plus, ils mettent à mal les Parisiens.

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